Mercredi 28 octobre 2009
- - Colère, tristesse, radinerie, empathie et générosité - -

Au lycée (ou ailleurs), je bous de rage sur ma chaise. D'où vient cette colère ? D'un autre rêve. A côté de moi, est assis Antoine, mon copain de fac, silencieux tandis que je me prends le chou avec une prof. Lorsqu'elle annonce la pause, je n'ai qu'une idée : me tailler.
Quand je me lève, je me retrouve vêtu d'un simple slip. Pas étonnant dans un rêve de voir sa pudeur offensée, me direz-vous ? Cela ne m'arrive pas souvent en fait. Généralement, ce sont mes chaussures qui disparaissent de mes pieds en classe, en pleine rue ou ailleurs.
Là, en petite tenue, je garde mon calme. J'oppose aux rires de mes camarades ceci : "de toute façon, habillé ou nu, vous vous moquez de moi !". Gentiment autant que méchamment.


Je vais vers la sortie. Je tombe sans surprise sur une vieille connaissance : Nicolas F. Sans surprise car ce garçon réapparaît fréquemment dans ma vie parallèle, celle des rêves.

Je ne l'ai pas revu en vrai depuis le collège. Nous avons été une seule année dans la même classe comme ce fut le cas en primaire. Nous n'avons pas été amis, je ne garde que peu de souvenirs avec lui et pourtant, il est un "personnage" récurrent de mes rêves (a contrario d'autres personnes, de vrais amis, apparaissent que très rarement).
Cela doit signifier quelque chose : je dois avoir gardé de ce garçon affable, généreux et sympathique un souvenir particulier. Physiquement, il est assez beau avec un visage gracieux, c'est un garçon toujours très propret.
Au hasard des rêves, le voilà, jouant souvent le rôle du messager.


Nicolas

Là, il s'amène avec une petite corbeille en osier à la main, corbeille déjà bien remplie de pièces et de petits billets. Il m'explique qu'il passe de classe en classe pour remplir un pot commun pour acheter une couronne de fleurs pour un garçon du lycée, garçon qui vient de décéder, d'une maladie grave.
Je frissonne. Voilà qui est triste.

Egoïste, je pense : "si je connais le garçon, ce sera encore plus triste." Je revois passer devant mes yeux tous les garçons que j'ai pu cotoyer depuis ma naissance : Julien, Jérôme, Guillaume, Mathieu, Stéphane, Yann... Stop : je lis sur une feuille dépassant de la corbeille : "pour Nohan Ferry". Inconnu au bataillon. J'en suis presque soulagé... Non, c'est dans l'absolu bouleversant qu'un de nos camarades parte si jeune.

Mais radin, j'essaye d'éviter de verse mon obole pour un inconnu : "Je ne connaissais pas ce garçon". Nicolas dit alors quelque chose qui me touche : "Comme la plupart du monde. Personne ne le remarquait."

J'imagine le pauvre garçon luttant contre la maladie, que personne ne voit, qui, en raison d'absences fréquentes, n'a pas pu se faire d'amis durables. Je sors alors de ma poche mon porte-monnaie, l'ouvre devant Nicolas et mets dans la corbeille deux pièces de deux euros. Nicolas, trouvant ma contribution insuffisante alors que mon porte-monnaie déborde de pièces, y prend quatre autres euros. Pour Nahan, d'accord.

Et puis, j'ai le sentiment de me racheter en étant généreux (même malgré moi). J'ai été odieux tout à l'heure avec la prof puis, avant, avec ma mère. Une seule remarque de sa part m'a fait sortir de mes gonds ; je l'ai traité de tous les noms. A force de grogner en classe tout fort contre son cours, la prof a voulu me mettre une claque. Elle a vu dans mon regard que je ne me laisserais pas faire et elle est restée sur son estrade.
J'ai souvent, dans les rêves, de violentes prises de becs avec des femmes. Je dois avoir un problème avec les femmes, à commencer bien sûr par ma mère (et en continuant par ma soeur).

Je me sens très abattu et je m'asseois à la première table près de moi. Nicolas me demande ce que j'ai. "Je ne sais pas. Je pense à des choses." Il s'asseoit à côté de moi et commence à écrire quelque chose sur une feuille blanche qu'il a trouvé. "Si tu as des soucis, tu trouveras la solution dans tes rêves." Il se met à m'expliquer comment interpréter ses rêves en comprenant certains signes. Je ne saisis pas tout. Je regarde Nicolas avec admiration : j'aimerais comme lui connaître la formule des rêves, pouvoir résoudre ces équations à plusieurs inconnues que sont les rêves.

Et je me réveille.
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