Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /Fév /2010 14:12

La fin du monde est imminente ! Un cataclysme de grande ampleur est attendu avant la tombée de la nuit, a dit la télé. Une montée brutale du niveau des océans va noyer tous les continents et ses habitants. Nous sommes fichus !

S'enfuir ? Mais où ? Je tourne en rond dans cette maison qui risque bien de devenir mon tombeau sous-marin. J'y ai grandi, je vais y mourir.

findumonde

Je trouve dans le cuisine, assis à la table où nous prenons nos repas, un garçon métis qui, bien qu'il ne soit pas chez lui, que personne ne l'a invité et que nous allons tous mourir, paraît bien tranquille. Etant donné les circonstances, je ne lui demande même pas qui il est, ce qu'il fait là... Lui me fixe avec une lueur étrange dans le regard. Un sourire se forme sur son visage et il dit d'une voix douce : "Il faut partir vite, une catastrophe va se produire". Oui, je sais, tu parles d'une prédiction ! Le garçon se lève d'un bond et, continuant à me regarder dans les yeux, insiste : "Nous devons partir... Je sais où nous pouvons nous réfugier. Viens avec moi, allons-y ensemble !".
Je n'ai rien à perdre alors j'accepte. Si nous ne survivons pas, au moins nous mourrons ensemble. "Attends-moi, je vais prendre quelques affaires"...

Quand je reviens avec un sac dans lequel j'ai jeté quelques vêtements, le garçon n'est plus dans la cuisine. A la place, un enfant, de la même couleur, que je prends donc pour son petit frère : "Ou est ton frère ?
- Je n'ai pas de frère, répond le môme.
- Je voulais dire le garçon... comme toi... je veux dire... oh zut !"
Je me précipite dehors. Ou est-il passé ce con ? Il ne serait pas parti sans moi ? Je ne trouve pas sur la route passant devant la maison. Peut-être n'est-il pas loin ? Comme je ne connais pas son prénom, ce n'est pas facile de l'appeler : "Eh ! Oh ! Ou es-tu ?". J'ai l'air malin à crier dans le vide devant chez moi... Heureusement, de la droite, du côté du jardin, me provient une voix que je reconnais : "Je suis là !"

Il est au fond du jardin perché sur le mur de clôture... exhibant son sexe pantalon baissé. "Je n'ai pas culotte, crie-t-il, j'ai oublié d'en mettre !"
Mon sauveur est un innocent, me voilà bien !
Il est venu ici en voiture et l'a laissé au milieu du chemin desservant ma maison et celles de mes voisins. Les clignotants gauche sont en marche.
"Je n'ai pas de culotte, répète-il ?
- Oui, oui, j'ai compris, mais remonte ton pantalon et descends de là."
Il obéit alors que, devant la maison, une voiture de la police municipale s'arrête sur la route. Je fais un signe aux policiers signifiant : "Tout va bien". J'avance vers la voiture de "mon fou" pour faire mine de m'en occuper. Les policiers s'en vont.

En m'approchant de la voiture, j'entends le son de la radio que "mon fou" a aussi laissé allumer. Le Président est en train de parler à la Nation, le Président Chirac tente de rassurer les Français : "... Notre pays dispose des infrastructures suffisantes pour faire face à la catastrophe. Nos pensées doivent aller aujourd'hui vers les pays économiquement faibles très vulnérables...". Alors, la grande hécatombe promise, c'était du pipeau ?
La fin du monde n'est plus pour ce soir. Je n'y croyais pas de toute façon. Ce n'est pas possible que tout disparaisse, que ce monde qui ne change jamais cesse d'exister. Je rentre à la maison.


 
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