Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /Jan /2010 00:46
- Moi+lui+lui -


Le chiffre 3 est sacré en religion (trinité), en mathématiques (trigonométrie) ou en peinture (triptyque) mais en amour, ce chiffre est tabou. Et pourtant...

Prélude


Supermarché. Maladroit comme je suis, je casse une bouteille. Elle était sur l'étagère la plus haute du rayon et pour la prendre, j'ai du me mettre sur la pointe des pieds, ce qui m'a déséquilibré. La bouteille a glissé dans ma main sans que j'arrive à la saisir. Alors qu'elle est à deux doigts de tomber, je demande l'aide d'un client à côté de moi. Il ne bouge pas le petit doigt et la bouteille se fracasse au sol.

Le client : "il va falloir payer". Je sors de mes gonds en le saisissant par le collback : "Vous avez bien vu que j'avais un problème ?". Le client : "Lâchez moi ou vous allez avoir des problèmes ! Mon mec n'est pas loin et il est costaud"
Son mec rapplique : un nabot. 1 mètre 40 en étant gentil. Je me marre. Puis je soupire. Baltringues, va !

Frénésie

capuche
Je sors du supermarché. Dans un entrepôt à côté, dont la grande porte est ouverte, deux garçons qui se galochent. Une force irrésistible me pousse à m'approcher, à entrer dans l'entrepôt. Je sais que c'est là un endroit de rendez-vous masculins (dont la fréquentation donne des résultats plus rapides que celle de meetic). J'entre donc comme qui dirait en connaissance de cause et de conséquence. A part les deux garçons, d'un âge incertain entre 18 et 25 ans, personne. Personne d'autre pour moi, mais ce n'est pas un problème.

Mon arrivée ne provoque aucune réaction chez le couple qui vient tout juste de se former au mileu du hangar entre les caisses de marchandises. Le garçon qui me tourne le dos ne me voit ni ne m'entend arriver et l'autre n'a qu'un regard rapide et indifférent pour moi... et ne proteste pas quand je pose mes mains sur les fesses de son partenaire lequel croit un instant que ce sont les mains de l'autre, puis ensuite laisse faire le nouveau venu accepté sans présentations faites.

Est-ce vraiment moi ce garçon impudique et audacieux caressant le derrière d'un étranger sous le regard insensible d'un tout aussi inconnu ? Où sont passés ma timidité et mon goût du romantisme ? Envolés. Si l'amour donne des ailes, le désir donne l'illusion de la toute puissance et rend inconscient et innocent.

Sans blablas, sans séduction, nous devenons trois corps qui laissent leurs âmes au-dessus de leurs têtes, s'unissant pour le seul plaisir des sens. Trois bouches s'unissent pour un baiser

J'oublie que ce n'est pas possible que je sois entré aussi rapidement dans leur cercle amoureux (sans le briser). Je saisis ma chance et goûte pleinement au plaisir charnel.

Quand j'embrasse le garçon caressé en arrivant, j'ai l'impression de m'envoler avec lui tellement le baiser est intense. Je pourrais ne faire que ça avec lui (et d'ailleurs...) tellement ce baiser m'exalte. Exaltation très forte parce que le garçon laisse ma petite langue mouiller ses lèvres puis entrer dans sa bouche avec un reste émouvant de réticence et de retenue que j'ai également pour être honnête. Il faut dire que nous ne savons rien l'un de l'autre. Et puis, nous ne nous plaisons pas vraiment physiquement. Nous faisons cela que par besoin. Nous nous embrassons comme si c'était l'air de l'autre qui nous permettait de respirer.

baiser5
Je les amène chez moi. Dans mon salon, nous serons bien. La maison est vide, le canapé est grand et confortable.
J'embrasse à nouveau "mon" garçon sous le regard tranquille de l'autre qui continue ainsi à ne montrer aucune jalousie, caressant ici et là, l'un ou l'autre.

Le garçon s'allonge sur le dos sur le canapé et je l'aide à replier ses jambes sur son ventre et son torse. Je caresse ce qu'il me met à portée de main en écartant les jambes... Je n'irai pas plus loin : sans une parole dite, je sais que mon rôle doit être limité, en tant que dernier arrivé. Le garçon n'est pas à moi mais à l'autre. Je m'écarte donc pour laisser monter l'autre sur son partenaire, avec nul ressentiment, sans toutefois lâcher les lèvres de mon "chéri".

En rien jaloux, j'assiste le garçon pénétrant avec une main experte. Avec mon caractère ambivalent, je ne sais qui envier ; entre les deux garçons, j'essaye de ressentir le plaisir de chacun sans cesser mes caresses bien localisées. Je me dis : "il faudra qu'on se revoie tous les deux" mais je ne sais plus à qui je pense.
Ils finissent par se désunir.
  danssesbras

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